Kader Nchobi

Joueur le plus décisif du SOC en championnat (3 buts, 1 passe décisive), l’attaquant Kader N’Chobi (25 ans) crève l’écran en ce début de saison. Une ascension méritée pour un joueur pétri de talent mais qui aura connu de nombreuses désillusions. Sur le terrain et en dehors, aujourd’hui, l’homme rayonne.

« Quand j’étais petit, quand il pleuvait, on sortait tous pour jouer au foot. C’était la fête ! Alors on prenait un ballon et on allait jouer, sous la pluie. C’est le seul souvenir que j’ai de mon enfance là-bas. » Né le 17 novembre 1995 en Côte-d’Ivoire, Kader N’Chobi a gardé cette trace de ses racines. Cette trace gravée dans sa mémoire. Du football, déjà. En étant à peine âge de 6 ans, moment de son arrivée en Europe. En France. À Paris, 15e arrondissement.

« Je suis l’homme le plus heureux du monde »

Cette anecdote qui peut faire sourire est loin d’être anodine. Elle l’a marqué. « En France, quand il pleut, tout le monde rentre chez soi. On se met sous la couette hein ! », ajoute-t-il en rigolant. Ah oui, car Kader, « Yapo » pour les intimes et dans le vestiaire, a le sourire aux lèvres souvent. Très souvent. La joie de vivre à l’état pur. Héritage d’une éducation, bien sûr, mais aussi d’une volonté de positiver le moment présent, en toutes circonstances. Sauf qu’au SO Cholet, ce bonheur est réel. « En ce moment, je suis l’homme le plus heureux du monde, dit-il, toujours avec enthousiasme. Ce n’est que du plaisir tout ce qui m’arrive. On a un super groupe, on a des résultats. C’est génial ! » Et 3 buts déjà au compteur. Accessoirement le meilleur buteur du SOC agrémenté d’une passe décisive. « Je suis heureux car j’ai un parcours difficile aussi. » Effectivement, pas vraiment linéaire.

Une enfance ivoirienne puis parisienne

À son arrivée en France à l’âge de 6 ans, en plein mois de janvier, Kader fait très vite l’expérience du climat hivernal. À peine a-t-il atterri que son corps réagit. Mal. 2 jours à l’hôpital, avec les inquiétudes qui vont avec. « J’ai pris un énorme coup de froid. Finalement cela n’était pas grave, mais mon organisme n’avait jamais connu ça. Mon corps n’a pas supporté ».

Dans ce 15e arrondissement, Kader grandit. Joue avec ses potes du quartier. S’amuse. Mais ne s’inscrit pas dans un club de football. « Moi je voulais juste être avec mes amis, raconte-t-il, plongé dans sa mémoire. Et puis mon prof de sport à l’école, Gaël Diarra, m’a proposé de signer une licence. Il était aussi entraîneur de foot. Alors j’ai signé au CFFP (Centre de formation de football de Paris) à Orly, que beaucoup de gens confondaient avec le centre de formation du PSG (rires). J’avais 10 ans. » L’aventure footballistique était lancée. Enfin.

Au PSG avec Kimpembe, Rabiot, Coman et Ongenda

Car Kader, indéniablement, possède des qualités. Des recruteurs le repèrent, le supervisent. « J’ai joué 2 ans là-bas en benjamins. Je me rappelle que l’on y allait en car vu qu’Orly était loin de Paris en transport. Ou alors le père d’un copain qui y jouait avec moi m’emmenait. » Puis vient LE club de la Région parisienne. « J’ai signé au PSG, au vrai ! » Une année exceptionnelle. Et pour cause : « Dans mon équipe, il y avait Rabiot, Kimpembe, Coman ou encore Ongenda. Hervin Ongenda, c’est le meilleur joueur avec lequel j’ai joué. Quand il était jeune, il était au-dessus de tout le monde, incroyable ! » Après 1 an, tout s’arrête dans le club de la capitale. « Trop de concurrence, regrette Kader. J’étais surclassé et c’était trop dur. »

Essai à Manchester City

Alors, le petit N’Chobi rejoint Gaël Diarra, son  ancien entraîneur, à Boulogne-Billancourt, à l’ACBB. Là aussi il est remarqué. Au point que le grand Manchester City lui demande de faire un essai de 10 jours dans le nord de l’Angleterre. « C’était incroyable. Un autre monde ! Là-bas, il y avait 8 terrains, des structures très performantes. Chaque joueur restait toute la journée sur la place, il y avait tout ! » L’essai est concluant. Mais l’affaire capote pour une raison simple : « N’étant pas Français, c’était compliqué pour les papiers administratifs,  encore plus en tant que mineur. » Retour en France à la case départ. Mais pas au même endroit très longtemps.

« À Valenciennes, je pleurais de froid ! »

En effet, après le PSG, un deuxième centre de formation lui propose un contrat : le Valenciennes FC. Le Nord. Le froid, encore plus. « Et ça, c’était dur. Oh la la, incroyable ! L’hiver, je pleurais de froid tu te rends compte !, narre-t-il, hilare. J’ai joué en U17 Nationaux. J’avais le manque de ma famille, c’était vraiment dur. Et je jouais en étant surclassé là aussi. Je me suis accroché mais c’était difficile. L’entourage est important quand on est jeune. Là, j’étais tout seul… » L’aventure tourne court. Le Red Star sera son nouveau point de chute. Un nouveau tournant.

Le FC Nantes…puis le vide

Car en U19 Nationaux, le vif attaquant se fait encore remarquer. Et pas par n’importe quel club : le FC Nantes. « Ils m’ont proposé une semaine d’essai. Ça s’est super bien passé et ils m’ont proposé un contrat d’un an en 2014-2015. » La Loire-Atlantique lui tend les bras. Kader rallie Nantes et ses célèbres grues. Et la Jonelière, le centre de formation des Canaris. « Pareil, une super année. Je fais une bonne saison mais j’avais devant moi une grosse concurrence aussi. À mon poste, il y avait Georges-Kévin N’Koudou (passé par l’OM et Tottenham, aujourd’hui au Besiktas). Ils ne m’ont pas conservé ». La déception est immense. Le choc dur à supporter. « J’ai décidé d’arrêter le foot. »

Ainsi, pendant 1 an, il joue de temps en temps au foot pour le plaisir. Des « Five », du futsal. Mais rapidement, le retour sur le rectangle vert apparaît évident. Tout d’abord à Oissel, en N3, puis à Mantes-la-Jolie, en N2. Deux expériences intéressantes, « surtout dans les relations humaines », tempère t-il instantanément. C’est là que se joue le déclic.

Le tournant Déville-Maromme

Un ami, Abdoulaye Sibi, l’incite à rejoindre Déville-Maromme près de Rouen. En R1. Avec un certain Fred Dembi, venu lui aussi rejoindre le projet ambitieux du club. Abdoulaye héberge Kader. « Au début, je me suis dit que c’était une petite régression. Mais j’y suis allé, le projet était bon. Et je n’ai clairement pas regretté. J’ai retrouvé le plaisir de jouer. Je n’avais aucune pression, aucune prise de tête. J’étais libéré. «  La saison, fantastique, se conclut par une montée en N3. Son entraîneur, David Gicquel, prend alors les commandes du FC Rouen et veut le recruter avec lui. « C’était impossible à refuser. Le FC Rouen, le club-phare du coin, avec de vrais supporters qui suivent à fond le club ! » Une autre dimension. Et une explosion.

La lumière du FCR

Car cette année 2018-2019, sa première chez les Diables Rouges, sonne le véritable renouveau de Kader N’Chobi. 9 buts et plusieurs passes décisives en championnat propulsent son équipe vers les sommets et la N2. Il rempile pour 1 an, redécouvre la N2 pour la saison 2019-2020 exceptionnelle que l’on connaît avec le FC Rouen. Non seulement en championnat, mais aussi en Coupe de France où les Rouennais s’offrent le scalp d’Orléans (Ligue 2), du FC Metz (Ligue 1) avant de tomber avec les honneurs face au SCO d’Angers (Ligue 1). « C’est après ça que le SO Cholet m’a contacté. Je n’en revenais pas : un club de National veut me recruter ! Je jouais en DH il y encore 4 ans, et j’avais la possibilité de jouer en National. Je n’ai pas hésité, surtout quand j’ai eu le coach Stéphane Rossi qui m’a expliqué comment il souhaitait m’utiliser. J’ai senti sa confiance. »

« Je suis tellement heureux d’être à Cholet ! »

Aujourd’hui, Kader N’Chobi, père de 2 petites filles (Kayla, 5 ans, et Elyana, 10 mois) ne regrette pas le moins du monde son choix d’avoir posé ses valises dans le Maine-et-Loire. « J’évolue dans un nouveau rôle, en pointe. J’ai toujours joué sur un côté avant. Là, je me sens épanoui. Si on m’avait dit il y a 4 ans que je serai là aujourd’hui, j’aurais répondu : « Non mais tu me prends pour un fou ! » Encore une fois, ce n’est que du bonheur, je suis tellement heureux d’être à Cholet ! Encore plus avec des coéquipiers comme ça. On est soudés. On se rejoint souvent le soir pour aller au resto ensemble, on se charrie. Il y a de l’ambiance ! J’espère que l’on va faire une grande saison pour le bien du club et jouer le haut de tableau. Je vais tout donner à 100% à chaque fois pour l’équipe, ça c’est clair ! » En cette période morose, le bonheur, aussi, est contagieux.

 

Crédit photo : Lisa Paquereau - Instants Photoballistiques
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